




1917. D’abord c’est l’année terrible. Celle où les hommes se révèlent. Rien ne va, l’ennemi menace Paris. Les alliés sont battus sur tous les fronts. L’armée française se révolte. Le pouvoir politique est impuissant. C’est l’année où les gouvernants vont chercher l’homme qu’ils détestent, pour son intégrité, sa puissance, son refus du compromis : Clemenceau. Une enquête menée en 1924 par une jeune journaliste québécoise nous fait découvrir ce personnage complexe, hors du commun. Georges Mandel, le général Mordacq, Georges Wormser, parmi ses collaborateurs mais aussi Raymond Poincaré, Aristide Briand parmi ses adversaires, sans oublier son complice Claude Monet se retrouveront dans ce film, alors que des archives traitées de manière originale nous font plonger dans les années 1917 – 1924
Production : Jacques KIRSNER, Marie-Claude SELLIER-MASSON, Anaïs GARAUD, Salima MARBOUH, Nadège RANSAU, José MONTES, Lydia MONTES, Roxane OESLICK Coproduction : Euro Media France – Isabelle GILET Diffuseurs : France 3 – Anne HOLMES, Paule ZAJDERMANN et Pierre MERLE Auteur : Serge BERSTEIN - Avec la collaboration de Jacques KIRSNER Partenaires financiers : CNC - TV5 Monde – Christophe ASSEZAT Réalisation : Olivier GUIGNARD Documentaliste : Anne CONNAN Musique originale : Olivier NEVEUX Casting : Okinawa |
Régie : Martial MAGNIER Image : Pascal LAGRIFFOUL Son : Bernard BOREL Costumes : Céline GUIGNARD-RAJOT - Malika KHELFA Maquillage : Nathalie LOUICHON Coiffure : Ariane CHASSAIGNE Décoration :Wouter ZOON Monteur : Thierry BRUNELLO Electricité : Stéphane BOURGOIN Machinerie : Romain RICHÉ Attaché de Presse : Luc ADAM – JEM Productions Photographe : Ulrich LEBEUF – JEM Productions et France 3 - Vincent PANCOL |
Didier BEZACE |
Arno CHEVRIER |
"Il ne s’agissait évidemment pas de faire un téléfilm sur la vie de Georges Clemenceau (1841-1929). Trop longue, trop pleine, trop dense. L’exhaustivité étant impossible, il a fallu faire un choix. Il fut arrêté sur 1917, « l’année de tous les dangers », comme le signale Jacques Kirsner, producteur et coscénariste, avec l’historien Serge Berstein, du téléfilm. L’année où la guerre s’enlise, où les alliés sont battus sur tous les fronts, où l’ennemi menace Paris. La France est au bord du gouffre, le pouvoir politique impuissant. Le président Poincaré demande alors à Clemenceau – qu’il n’aime pas mais dont il admire la force morale – de prendre la présidence du Conseil. Le Tigre accepte, force son gouvernement avec essentiellement des proches et figures obéissantes. Il a 76 ans, la force d’un lion et les conviction patriotiques chevillées au corps. FIGURE HISTORIQUE ET PERSONNAGE ROMANESQUE Clemenceau veut une victoire militaire. Il n’est pas homme de concession et méprise les négociateurs, les partisans, comme Joseph Caillaux, d’une « paix blanche ». « C’est un homme de caractère qui rompt avec les arrangements, souligne Jacques Kirsner. Et cet homme du XIXe siècle, cet homme de la Révolution Française va s’imposer comme le seul capable de faire triompher le France. » Figure historique, Clemenceau a aussi l’étoffe d’un personnage romanesque. Grand séducteur de femmes, républicain acharné et intransigeant avec les valeurs qu’elle défend, il est aussi un tribun magnifique. Ses discours à l’Assemblée nationale soulèvent des applaudissements dignes d’une vedette de music-hall. Le téléfilm d’Olivier Guignard ne se prive d’ailleurs pas d’en livrer quelques-uns. Du pain bénit pour les scénaristes que ces envolées devant les députés, puisqu’en distiller des extraits suffit à créer l’émotion ! Clemenceau, qui débute en 1924, dans les pas d’une journaliste canadienne de 24 ans, Charlotte Beauséjour (Monia Chokri) venue à Paris pour écrire un livre sur le « Tigre », se construit sur des allers retours entre ces années folles et celles qui ont précédé. C’est donc à travers le regard de cette jeune fille que l’on découvre Clemenceau et les personnes qui le connaissent et le côtoient. Ainsi rencontre-t-on Raymond Poincaré (Jacques Bonnaffé) ; Pétain (Daniel Martin), alors commandant des armées ; Georges Mandel (Marc Citti), chef de cabinet de Clemenceau ; Claude Monet Albert Delpy) ; Léon Blum (Philippe Duclos) ; le Général Foch (Jean-Yves Gautier)… Tous ceux qui permettent de préciser le trait, de dessiner un caractère, de définir un homme. Dans le rôle-titre, Didier Bezace est superbe, qui ramène Clemenceau à hauteur d’homme, nous évitant la figure de commandeur qu’il aurait été aisé de lui affubler. Quant à Guignard – avec l’aide du directeur de la photographie Pascal Lagriffoul -, il signe une mise en scène d’une grande élégance qui mêle l’intime et le collectif, fond les images d’archives dans la fiction sans avoir l’air d’y toucher. Rien, dans son téléfilm, ne laisse penser à un film historique. Cette histoire-là est celle d’aujourd’hui. Vive, alerte, prenante. Véronique Cauhapé ." LE MONDE